Philosophie de la décroissance : Peut-on penser un mode de vie alternatif ?


Philosophie de la décroissance:


Peut-on penser un mode de vie alternatif?

18 décembre 2021

Anne-Marie Michaux


Introduction


Le contexte climatique alarmant et l’actualité plutôt triste, remettent l’intérêt de la décroissance sur le devant de la scène :


1-Le décès de Piere Rabhi, penseur de l’agro-écologie dans les années 60, inventeur du concept de “sobriété heureuse” et d’une certaine manière de la décroissance dont il fut un des principaux penseurs. Son livre “ vers la sobriété heureuse” a été un best seller (400 000 ex vendus en 2010) et continue d’être une référence.

C’est un des premiers à avoir alerté sur les méfaits de la croissance, selon Cyril Dion, co-fondateur du mouvement Colibri.

Son credo: ne pas faire passer le profit économique devant la vie et la défense du vivant.

On peut dire qu’il a été avant l’heure un lanceur d’alerte sur l’urgence écologique.


2-Le dernier rapport du GIEC (groupe international d’experts sur le climat - août 21) :


I met en évidence que le réchauffement climatique va plus vite que ce qu’on craignait si supérieur à 2 degrés // accord de Paris : si on continue comme cela, on va droit dans le mur et on court à notre perte …!

Le seuil de 1,5 degrés de réchauffement sera atteint autour de 2030, soit 10 ans plus tôt que les précédentes projections, menaçant l’humanité de nouveaux désastres sans précédent.


“Notre monde s’est engagé sur la voie d’un réchauffement de 2,7 degrés et les conséquences seront catastrophiques” Antoine Guterres, Secrétaire Général de l’ ONU.


Le constat est alarmant:

Mais est-ce que ce constat conduit à remettre en question le modéle économique et social dans lequel nous vivons ? NON !


Face à la crise sanitaire et les confinements successifs qui ont ralenti la consommation (ce qui aurait pu être perçu comme positif) la réponse, c’est aujourd’hui de chanter les louanges de la croissance revenue à + de 6 %! en France !

La croissance, tout du moins sur le plan économique reste l’alpha et l’omega, au coeur de toute stratégie gouvernementale actuelle : sans croissance, point de salut !


Alors, est ce vain de s’intéresser à la philosophie de la décroissance aujourd’hui ? Est ce une douce utopie ? Faut-il dire à quoi bon ?


Marteler le diagnostic :


Les conséquences du modéle actuel de développement sont dramatiques :

Déréglements climatiques, développement de maladies de toutes sortes liées à nos modes de vie, crises sanitaires, pollutions des mers, des sources, des rivières, des sols, désertification de certaines zones, dispartition ou menaces sur la biodiversité…

Tout cela est connu, a été révélé depuis plusieurs décennies... mais on continue de faire comme si ! “la maison brûle et nous regardons ailleurs” comme disait déjà Jacques Chirac en 2001.


Selon un rapport de l’organisation météorologique mondiale, le nombre de catastrophes a été multiplié par 5 ces 50 dernières années.


Depuis 20 ans les conférenes sur le climat , les COP se sont succédées:

Le Dernier sommet de Glasgow de la COP 26 de 2021 n’a pas été de nouveau à la hauteur des enjeux. Pourtant, cette conférence se fixait pour objectif “d’assurer sans tarder la survie des prochaines générations”.


Pourquoi cet aveuglement? Et peut-on retrouver la lumière? Que nous enseigne la décroissance ? D’abord comprendre le concept

I - Qu’est-ce que la décroissance?


C’est une notion riche et complexe, qui s’est forgée au cours du temps.

Pour décroître ,il faut commencer par décroire, sortir de la croyance dans la croissance.

Déjà, un rapport du Club de Rome dans les années 70 (1972) dénonçait les limites de la croissance.


Mais le concept est né véritablement en 2002 lors d’un colloque tenu à l’UNESCO : “Défaire le développement, refaire le monde”.


2 définitions:


1) Définition négative: ce qu’elle n’est pas


La décroissance n’est pas l’opposé de la croissance, concept économique qui repose sur

la courbe de croissance du PIB (indice fétiche du monde occidental pour mesurer la richesse)


Ce n’est pas une croissance négative, ce n’est pas la récession, l’idée reste bien de faire croitre la qualité de vie, de l’air, de l’eau, des relations humaines ….


2) Définition positive: transversale, globale, au-delà de l’économie, approche sociale et politique.


C’est l’abandon d’une foi, d’une religion, celle du progrès et du développement sans limites, vue depuis des décennies comme la condition du bonheur.


Décroitre, c’est vouloir sortir du dogme du productivisme. de la croyance dans le progrès infini, dans l’intéret d’une accumulation sans limite.

C’est proposer de devenir des agnostiques de la croissance.


Penser qu’un autre monde est possible en “décolonisant l’imaginaire”.

C’est vouloir construire progressivement un autre projet de civilisation : faire advenir une monde d’abondance frugale.


C’ est tenter de proposer une alternative au monde consumériste, à notre sociéré productiviste, devenue écologiquement et socialement insoutenable.


Petit historique:

La décroissance s’appuie sur des penseurs plus anciens


Les éclaireurs ont ouvert la voie :


-La philosophie grecque : Diogène et son tonneau !



- Surtout au 19 éme siécle:

Les socialistes utopiques ou romantiques :

-Charles Fourrier

-John Stuart Mill

-Penseurs anarchistes comme Proudhon ou Bakounine.


Les pionniers au 20 éme siècle :

Fondateurs de l’écologie politique:

-Ivan Illich

-Cornelius Castoriadis

-Jacques Ellul

-Mais aussi Aldous Huxley et son “meilleur des mondes”.


Des hommes politiques:

-Gandhi

-Alex Langhe et Enrico Berlinguer (PCI italien), fondateurs des verts italiens.


-Plus récemment, Serge Latour, Que sais-je ? Anne Frémaux: “La nécessité d’une écologie radicale”, Editons Sang de la Terre


Après la guerre, les 30 Glorieuses (1945 à 1975 ) ont été le cadre d’une croissance liée à la reconstruction du pays et au progès technique, facteur de l’amélioration des conditions de vie ( la notion de “français moyens” apparait).


Mais depuis les années 80, on est dans une société qui reste certes, fondée sur la croissance mais sans croissance! C’est la croissance molle…(chômage, compétitivité à tout va qui détruit des emplois, accroissement de la pauvreté, désertification des campagnes, agriculture intensive qui détériore les sols et les conditions d’élevage des animaux ….etc) tout en dégradant la qualité de l’air, de la nature...


En résumé, qui a eu pour conséquences la dégradation de la qualité de vie et l’accroissement des inégalités ...


Face à ce constat de l’ impossibilité d’une croissance infinie dans un monde fini, peut-on encore inverser la tendance ? Prendre d’autres directions?

Alors, est- ce que la décroissance est un projet raisonnable, possible ou utopique?


Les enjeux et les objectifs de la décroissance


L’idée, c’est de proposer une autre voie pour se libérer de l’impérialisme productiviste (Serge Latouche)

C’est un projet large, l’espoir de mettre en oeuvre un projet de société pour sortir de la domination de l’économie et du consumérisme sur la vie, et cela commence d’abord dans nos têtes.

Certes, cela ne se fera pas d’un seul coup mais par des programmes concrets de transition.


1- Proposer une utopie concrète : (oxymore)


C’est d’abord changer de valeurs et ne plus faire du gain de l’argent sa priorité.


La richesse en effet ne se réduit pas à l’argent : elle se trouve dans la qualité du tissu relationnel, les amis, l’air pur, la beauté de la nature préservée... C’est un véritable changement anthropologique


2- Redécouvrir la frugalité, la dignité de l’autolimitation


Retour à l’essentiel …à la juste mesure ! la sobriété heureuse développée par P Rabhi (pas une punition ),une frugalité librement choisie.


Développer avec vigueur la stratégie de relocalisation :Se réenraciner culturellement et socialement

Freiner la mondialisation ….Déjà, le consommer local est en marche !…)


3 -Reduire


Ralentir:

Retrouver la sagesse de l’escargot (cf les mouvements slow food, slow tourisme ...)

Repenser le travail et sa place dans la société

“pas travailler plus pour gagner plus” ; mais “travailler moins pour vivre mieux”

plus près des siens, de ses voisins, de ses amis….du temps pour soi.

Moins gaspiller, réparer, recycler; ca commence à prendre …


Décroissance et bonheur


Est ce que c’est triste la décroissance ? NON !

Est ce qu’une société d’abondance frugale peut nous rendre heureux ? OUI !

C’est la réponse à ceux qui disent non en mettant en avant une écologie punitive, comme si prendre conscience que renoncer à la possession de biens inutiles n’est pas une punition mais une libération !


Une étude en 2018 a mesuré la satisfaction et le bien-être à partir de 15 indicateurs:

Elle montre que plus les sociétés s’enrichissent, plus ceux qui y vivent sont insatisfaits !


C’est le well being paradoxe:

La société d’abondance, en fait fondée sur la démesure et la frustration forcée du plus grand nombre, n’élève pas le bonheur.


Au contraire, la frugalité volontaire, basée sur l’autolimitation, le partage, le don et la convivialité participent d’un choix éclairé pour plus de vrai liberté.


Décroissance et politique:


Ce que montre Serge Latouche, c’est que tous les régimes modernes que ce soit des républiques ou des dictatures, restent productivistes et posent la croissance comme un objectif incontournable (idéologie de la modernité).

Pour lui, la décroissance n’est pas seulement dans le champ politique. Elle n’entre pas dans le clivage droite-gauche.

S’il s’agit néanmoins de s’attaquer aux nouveaux maîtres du monde, les GAFA, ce n’est pas dans une stratégie de prise de pouvoir.


II- Les limites et les objections au concept de décroissance


La décroissance reste encore un concept qui dérange et de nombreuses voix s’élèvent

pour caricaturer ses positions ; ce sont de doux rêveurs, des utopistes !

Néanmoins actuellement, on entend de plus en plus de penseurs en parler comme en témoignent les nombreux articles parus sur le sujet.


En fait, 2 logiques s’affrontent : celle du pouvoir d’achat et celle environnementale.


Les principales objections avancées :

1) un projet qui serait anti-moderne


Pour les adeptes de la philosophie du progrès, c’est un projet d’arrière-garde, le retour vers le passé (cf référence de E.Macron aux Amishes et à la bougie …)


2) Pour d’autres, le vrai problème serait la surpopulation


600 millions d’habitants au 18 ème siècle, 7 milliards aujourd’hui . prévisions à 8 ou 9 milliards vers 2050... Il suffirait de freiner la démographie, le nombre d’habitants de la planète donc de consommateurs et tout irait mieux.


3) Les sociétés se préoccupent déjà de la protection de l’environnement, d’écologie


C’est le fameux concept de développement durable mis en avant depuis une trentaine d’années, qui repose sur 3 piliers :

Le pilier environnemental, le pilier social et le pilier économique.

Définition : “mode de développement économique qui permettrait la satisfaction des besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs”.


4) L’emploi: l’objection majeure


La décroissance entraînerait une aggravation du chômage. Seule la croissance favoriserait le plein emploi. Ce serait socialement désastreux.


Ces objections pourront alimenter le débat !


III - Tentative de synthèse: La décroissance, une utopie nécessaire pour guider la transformation progressive de la société


Un élément encourageant depuis plusieurs années : la prise de conscience est en marche...d’abord à pas lents mais aujourd’hui, cela s’accélére !

1 Les réponses aux objections


- La question de l’emploi:


Décroissance : chômage de masse? NON


C’est la productivité avec son lot de délocalisations et de robotisations qui détruit les emplois. N’y a- t- il pas d’autres voies pour favoriser la création d’ emplois locaux en changeant nos modes de vie?

Oui, si on change les régles du jeu : sortir du productivisme et en finir avec les gains de productivité; ou bien convertir les gains de productivité en réduction du temps de travail.


Ce n’est pas un projet d’arrrière-garde qui conduit à l’ascétisme.

C’est un projet qui cherche à préserver le nécessaire équilibre des écosystèmes.


L’idée ne serait pas de revenir à l’âge de pierres mais en réalité, au niveau de consommation des années 60.

En y ajoutant un élément différent: moins d’individualisme, des modes de vie plus tournés vers le bien commun, les biens relationnels et la convivialité.


Loin de renoncer à l’innovation, c’est au contraire faire appel à l’ingéniosité humaine pour faciliter les tâches et libérer les hommes.


Comment?


Un chercheur suédois a pensé 4 scenarios (revue Futures 2019)


1-Partage des biens et des services: economie collaborative (des initiatives existent)


2- Utilisation de la matière en flux circulaires : economie circulaire


3- Réduction du niveau de consommation et d’importation : auto-suffisance locale

4- Accroissement de l’automatisation combinée à une diminution du temps de travail: avec une haute qualité de vie.


Un préalable indispensable: l’acceptation de la part des citoyens de changer de mode de vie, de renoncer à leur mode de consommation actuel.

En particulier, lutter contre la consommation ostentatoire (imiter les riches): simplicité volontaire, austérité joyeuse…!


La question de la surpopulation:


Pour les penseurs de la décroissance, si la surpopulation n’est pas le sujet central, la maîtrise de la population est néanmoins nécessaire ( Déjà R. Dumont en parlait en 1974).


Mais la diminution de la population ne conduit pas nécessairement à la décroissance (ex l’Italie, l’Allemagne)...En résumé, pour l’instant, ce ne sont pas les hommes qui sont trop nombreux mais les automobiles! L’idée est de chercher à se stabiliser de manière volontaire et non autoritaire…

Le développement durable (concept lancé à la conférence de RIO 1992)


Pour les décroissants, ce concept serait une imposture, un leurre qui a été lancé sous la pression des lobbies industriels américains pour tenter de sauver la religion de la croissance face à la crise écologique.

Le concept est en effet chargé d’ambiguité:


C’est un oxymore qui anesthésie le sens critique: En fait, il s’agit plutôt de faire accepter les dégâts de la croissance tout en nous donnant une bonne conscience écologique !

Les firmes s’en sont emparées : c’est le marketing du green washing


“ ce n’est pas le développement quil faut rendre durable mais le durable qu’il faut développer”.

M Palliante “La décroissance heureuse”.


“ moins de biens , plus de liens “ P Rabhi : Développer l’abondance de liens relationnels.



2 Les pistes de solutions


Comment s’engager dans la construction de cet autre monde? Quel chemin ?

Comment réussir la transition vers un monde de sobriété choisie (et non puni) et d’abondance frugale?


Il n’ y a pas une mais un ensemble de solutions, d’alternatives à la mondialisation... qui comme on le constate, a bien cessé d’être heureuse !

Partir de la diversité géopolitique : diversité des hommes, des cultures ... . donc pas de modèles clés en main.

Il s agit de soutenir une pluralité des projets en faisant le PARI de l’ingeniosité, de la créativité humaine.


Politique et pouvoir:


Pour les penseurs de la décroissance, il ne s’agit pas de chercher à prendre le pouvoir mais plutôt d’imposer au pouvoir d’aller dans les bonnes directions, d’aller vers la démarchandisation du monde, du travail, de la terre, de la monnaie….Il faut expliquer, persuader, convaincre.

( Est ce là une faiblesse du raisonnement ? est-ce un peu naïf ?)


L’idée ne serait pas seulement de démondialiser mais de réinventer une autonomie territoriale, basée sur la paysannerie, l’artisanat, la petite industrie… ré-enclaver, recloisonner... revenir à une certaine auto-suffisance économique.


Cela conduit à relocaliser le politique en réinventant une démocratie de proximité:

Ce n’est pas vraiment nouveau; déjà Aristote valorisait la dimension de la cité.


-Relocaliser pour favoriser l’emploi :


De nouveaux emplois locaux peuvent être créés:

Nouveaux emplois agricoles, permaculture, bio ...agriculture moins productiviste, loisirs à la campagne...

Nouveaux emplois à teneur écologique dans de nouveaux secteurs d’activités de services.

S’engager vers une réduction du temps de travail significative surtout pour les activités de production (changement de nos modes de vie avec la suppression des besoins inutiles).


Travailler moins mais dans des activités qui ont du sens :

déjà on constate un mouvement en ce sens chez certains jeunes qui n’hésitent plus à quitter leur poste bien rémunéré à Paris pour changer de métier et retrouver du sens dans des activités plus liées à l’humain. On parle de détravail ….(a suivre !)


DES BIO REGIONS:

Territoires dotés d’une forte autonomie écologique avec une faune et une flore, un climat, un relief, qui forment un ensemble homogène, en cohérence avec la population, sa culture, son histoire (rural,urbaine...)

Cela rappelle Rousseau et son approche de la démocratie.

Décroissance et bonheur:

Redéfinir le bonheur comme abondance frugale dans une société solidaire.


Les solutions clés, centrales


Faire une révolution mentale


Décoloniser notre imaginaire (nos mentalités reposant sur l’imaginaire du progrès et de l’économie).

Changer de logiciel et de paradigmes: changer nos valeurs

Développer un mouvement d’opinion : c’est en cours.


Entreprendre une cure de désintoxication du consumérisme


-Dénoncer l’agression publicitaire, véhicule de l’idéologie consumériste (cf les casseurs de PUB)

- Passer par la pédagogie, l’ éducation: les jeunes sont déjà beaucoup plus sensibles à ces enjeux

-Promouvoir la relocalisation: pièce maîtresse du projet.


Par où commencer ?


D’abord provoquer un déclic:

Il faudrait un électrochoc pour lutter contre la force d’inertie et nos addictions.


La pédagogie des catastrophes

la multiplication de catastrophes liées au déréglement climatique favorise la prise de conscience (inondations, tempêtes ouragans, cyclones, canicules ,crises sanitaires …) et va accélerer la volonté d’agir.

Que la crise s’aggrave! nous disait déjà F Partant (1978 Catastrophisme éclairé).

Une crise profonde serait le seul moyen pour éviter la destruction de l’humanité.

La peur peut être bonne conseillère!


Faire connaître et valoriser le mouvement Colibri, mouvement citoyen qui appelle chacun à agir à son échelle et à prendre part à des actions locales, comme par exemple les jardins partagés, les fermes pédagogiques ou encore les circuits courts d’approvisionnement.


On retrouve la philosophie de Pierre Rabhi : Agir par la transformation de soi et non du monde . Grand admirateur de Socrate, il disait que chaque être humain doit tenter de se connaître de façon à se changer positivement.


L’espoir : la nouvelle génération !


Greta Thumberg est devenue la figure de proue de toute une génération de jeunes militants du monde entier. Elle est écoutée par les grands de ce monde et entraine dans son sillon de nouveaux penseurs, économistes, sociologues….

La décroissance est devenue un concept qui a le vent en poupe.

Une nouvelle approche émerge : la décroissance prospère ! (encore un oxymore)

CAD une décrue du PIB associée à une gestion collective des communs. un modéle privilégiant le bien-être plus que l’accroissement des richesses,qui cherche à donner du sens au progrès, aux activités économiques.

D’un point de vue philosophique, sortir de ce que l’on nomme “notre toxico dépendance à la consommation”.

Remplacer notre logique du “toujours plus” par celle du don, du partage, de la gratuité.


Pour s’engager dans cette voie, commencer par:


1-changer d’indicateurs:


Quitter le sacro-saint PIB, pour le remplacer par des indicateurs alternatifs :PIB vert, le Bonheur national brut ( cf Bouthan) , indice de développement humain mis en place par l’ONU.

Ces indices mesurent notamment le niveau d’éducation, de bien-être, de richesse ou de santé...


Dans un article d’octobre 2021, Vincent Liegey dans son éloge de la décroissance, dit:

Mettre fin au modéle consumériste, retrouver le sens du collectif et du lien social.

Retourner à l’économie réelle. Retrouver le sens du temps long, du collectif.


2-Changer les marqueurs de réussite


Les temps changent, les idées avancent:

selon un sondage les echos/Institut Montaigne d’octobre 2021, 72 % des français estiment que le modéle économique actuel n’est plus compatible avec la protection de l’environnement.


Le diagnostic est posé, la prise de concience est là; reste désormais à mettre en place des actions :


-Un business plan de la transition écologique comme l’appelle de ses voeux, Jancovici, un penseur polytechnicien, trés écouté actuellement.


-Des politiques publiques qui dynamisent et accompagnent ce mouvement de fond.


Cela ne se fera pas en un jour …mais commençons !


CONCLUSION

La décroissance est un défi provocateur dont nous avons besoin pour penser et réinventer le monde de demain.

C’est un projet vaste et ambitieux, certes un peu utopique mais n’a- t-on pas besoin d’utopie pour inventer et avancer ?

C’est un pas vers un nouvel humanisme, basé sur une décroissance choisie et non subie !



DEBAT

La discussion riche et animée qui suivit cette présentation a mis en évidence 2 visions opposées sur les chances et les perspectives pour demain :


Pour certains, une vision pessimiste:

Il est trop tard : le capitalisme détient le pouvoir de manière autoritaire et n’est pas prêt à laisser sa place…

La surpopulation continuera à être facteur du réchauffement climatique et des catastrophes qui y sont liées.


Pour d’autres, une vision optimiste:

Les jeunes générations ont pris conscience des dangers et s’engagent déjà dans la slow life…

Un échange s’engage sur les solutions avancées qui peuvent faire consensus:


-En priorité, agir sur l’agriculture et l’alimentation: repenser les modéles intensifs, développer des productions de proximité.

-Agir de manière responsable, à titre personnel: promouvoir l’engagement citoyen

-Développer les échanges, le troc, une économie collaborative fondée sur l’entr’aide...

- Sortir du modéle du commerce de grande consommation ( cf formation des jeunes en écoles de commerce), s’éloigner du concept de mode...

- Réfléchir à une stratégie politique pour prendre le pouvoir, condition pour changer vraiment les orientations et les politiques publiques.

L’urgence climatique va nous obliger à être radical.