top of page

Langue et identité

  • cafephilotrouville
  • 13 mai 2017
  • 3 min de lecture

Le débat a porté sur le lien entre identité personnelle et identité collective, et plus précisément sur la question de savoir en quoi consiste l’identité de la France et ce que signifie être français. Question délicate et qui engage bien des susceptibilités politiques, à l’heure de la mondialisation et du brassage des cultures. Il devient difficile de se revendiquer comme français, cela fait cocardier, hexagonal, esprit étroit, ringard. De plus, la « francité » tient à un héritage, culturel, historique, et revendiquer l’inscription dans cet héritage a tendance à être lu comme une marque de stigmatisation à l’égard des français issus de l’immigration qui n’ont pas cet héritage. Il ne faudrait quand même pas aller jusqu’à s’excuser d’être français « de souche » et « seulement » français, au nom d’un universalisme des valeurs et d’une tradition d’accueil qui caractérise aussi la France ; et il ne faudrait pas aller jusqu’à laisser un parti d’extrème-droite s’emparer de ces thèmes et se revendiquer comme le seul patriote et le seul à défendre véritablement la France.

A cet égard, la position des élites cultivées de notre pays est ambigûe : engagées dans la mondialisation et plutôt favorables au brassage culturel, elles répugnent au thème de l’identité, ressenti comme purement défensif, sans vouloir pour autant répudier l’héritage et passer pour anti-patriotes, et elles cherchent à placer l’identité française ailleurs. Dans quel ailleurs ?

Il existe de fait un lien particulier entre la France et les français. C’est d’abord un lien sentimental, et une participante faisait remarquer que ce n’est qu’en France qu’on peut donner le nom du pays à un nom de famille ou à un prénom (Anatole France, François, France, Francine). C’est qu’on est fier de son pays, et qu’on a des raisons de l’être. Ce n’est pas un attachement tribal, ce n’est pas parce qu’on y est né et à cause des liens du sang, mais c’est parce que la France a été, et continue d’être pour toutes les nations du monde qui aspirent à la liberté, une référence et un modèle. Les désunions qu’on y trouve actuellement, et qui sont inhérentes à la pratique du débat en démocratie, ne doivent pas aller jusqu’à cacher ce point. L’identité, pour un individu comme pour un peuple, est une recherche, non une crispation, et le problème de la France est de maintenir cette recherche, et de trouver le juste équilibre entre ouverture et stabilité, évolution et permanence , fidélité à son histoire et engagement dans l’avenir.

Ce n’est pas facile, et la notion classique et rigide de l’identité est mise à mal. Tout ne peut être conservé, et le patrimoine, les paysages, les mœurs elles-mêmes, subissent des évolutions préoccupantes ; mais si l’on veut trouver un point d’appui pour ce juste équilibre, on le trouvera dans la permanence des principes qui organisent la vie du pays, et également dans la permanence de la langue. La langue, qui est le coeur de l’identité française, est ainsi faite que tous peuvent la parler, certes avec des bonheurs divers ; plus on l’approfondit et mieux on s’en sert, plus on est français ; et si des évolutions peuvent l’affecter, sur lesquelles il convient d’être vigilant, ces évolutions ne touchent jamais qu’à sa surface et n’en modifient pas l’esprit. Et c’est par la langue que rayonne la culture française, qui, aujourd’hui comme hier, fait l’admiration universelle.

 
 
 

Commentaires


Tous droits réservés - 2026 @ Marianne Le Guiffant
bottom of page